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Cassis-de-Dijon : Commerce Suisse appelle le Conseil des États à faire preuve de clairvoyance

10.06.2015 13:34:51

Le Conseil des États a les cartes en main : soit il freine, soit il fait progresser le tourisme d'achat


Le 17 juin 2015, le Conseil des États décidera de l'avenir de l'îlot de cherté qu'est la Suisse. Commerce Suisse appelle à faire preuve de courage politique et plaide en faveur du principe Cassis-de-Dijon, également en ce qui concerne les produits alimentaires. En mai, le Conseil national avait décidé que les produits alimentaires autorisés dans un pays membre de l'UE ne pouvaient pas, tout simplement, être importés en Suisse. Résultat : les Suisses achètent ces denrées à l'Étranger et dépensent leurs salaires suisses à l'Étranger. Ce qui conduit à la suppression de postes en Suisse.



Le 17 juin 2015, le Conseil des États décidera de l'avenir de l'îlot de cherté qu'est la Suisse : si le principe Cassis-de-Dijon est appliqué en Suisse aux denrées alimentaires, le marché agraire s'ouvrira et atteindra la même vigueur que le marché fromager depuis 2006. Les prix des denrées alimentaires seraient revus à la baisse. Autre option - qui serait, selon Commerce Suisse, fatale - le Conseil des États dira Oui à l'isolement de la Suisse, ce qui entraînera des entraves au commerce encore plus massives pour les denrées alimentaires que ce n'était le cas jusqu'à présent ainsi qu’une hausse des prix des denrées alimentaires qui s'établissent déjà à des niveaux élevés. Conséquence dramatique : les Suisses seront encore plus nombreux à faire leurs courses à l'Étranger et les commerces des villes suisses seront désertés.

Rapatrier les consommateurs suisses en Suisse
Le Conseil national a décidé, début mai, d'enterrer, pour les denrées alimentaires, le principe Cassis-de-Dijon. Le 17 juin 2015, ce sera au Conseil des États de rectifier le tir. Le principe Cassis-de-Dijon peut se résumer ainsi : un produit conforme aux normes d'un pays membre et autorisé à la vente, à ce titre, au sein de l'UE peut être librement importé en Suisse sans se heurter aux obstacles d'une procédure d'autorisation. Ce principe permet de fluidifier le commerce et de baisser le prix des produits. Actuellement, les importateurs peuvent demander à ce que le principe Cassis-de-Dijon soit appliqué à leurs produits. C'est cette procédure que certains entendent abolir. Les procédures d'autorisation et de contrôle supplémentaires et absolument inutiles auxquelles seront soumis les produits coûtent de l'argent, un coût répercuté, au final, sur le prix que paiera le consommateur. Commerce Suisse estime au contraire qu'une décision courageuse s'impose, consistant à appliquer le principe Cassis-de-Dijon de façon généralisée, sans procédures d'autorisation, au lieu d'ériger des barrières.

Maintenant, l'enjeu est tout au moins de ne pas dresser des obstacles supplémentaires. Le consommateur a confiance en la qualité des produits étrangers. Pour preuve, les consommateurs suisses se ruent à l'Étranger faire leurs courses en denrées alimentaires. Par ailleurs, une hausse des prix des aliments entraînerait un rétrécissement de l'offre de produits. Les salaires suisses seraient dépensés, pour les biens de consommation, à l'Étranger ce qui conduirait à une suppression de postes dans le secteur du commerce en Suisse. N’oublions pas non plus que ce sont généralement ceux qui n'en ont pas les moyens qui font les frais d'un tel isolement. Il s'agit de familles nombreuses, de personnes âgées qui ne sont plus aussi mobiles et de personnes aux revenus faibles.

Les milieux agricoles craignent à tort que l'agriculture soit pénalisée
Kaspar Engeli, directeur de Commerce Suisse, explique la raison qui a empêché le principe Cassis-de-Dijon, jusqu'à présent, de se déployer en Suisse : « Ce sont surtout les milieux agricoles qui s'opposent farouchement à cette ouverture de marché ; ils craignent d'être pénalisés. Et pourtant, c'est tout le contraire. En effet : toute forme d'ouverture de marché est bénéfique pour l'agriculture. Le principe Cassis-de-Dijon vise à faire baisser les prix en Suisse. Ainsi, on consommerait davantage et on achèterait davantage en Suisse. Prenons la viande comme exemple : elle est au moins deux fois plus chère en Suisse. Nombreux sont les consommateurs qui vont se ravitailler à l'Étranger. Et puisqu'ils sont à Lörrach, Waldshut ou quelle que soit la ville, ils ne se contentent pas seulement de ramener de viande, mais font toutes leurs courses sur place. Cette situation ne profite à personne, mais met en péril, au contraire, les emplois suisses. Commerce Suisse appelle donc résolument au maintien et à la consolidation du principe Cassis-de-Dijon. Ceci permettra enfin d'économiser les 2 milliards de CHF initialement estimés. Un grand bénéfice pour l'économie actuelle, surtout si l'on tient compte du fait que nous nous apprêtons à traverser des moments difficiles. »

Le consommateur opte pour les prix plus intéressants, entérinant indirectement, ainsi, le principe Cassis-de-Dijon
Commerce Suisse espère que le Conseil des États saura prendre une décision clairvoyante, le 17 juin 2015, et maintiendra le principe Cassis-de-Dijon. Imposer ce principe, c'est prendre l'une des mesures les plus efficaces pour lutter contre l'îlot de cherté qu'est la Suisse. Engeli : « Penser qu'il faut encore davantage ancrer le protectionnisme agraire et dresser des murs encore plus hauts est diamétralement opposé au bon sens. Le consommateur doit pouvoir décider lui-même des produits qu’il achète. Il en est parfaitement capable. Et comme nous le constatons en observant le phénomène du tourisme d'achat : il est loin de s’en priver. Dans ce cadre, ce qu'il regarde, c'est surtout son porte-monnaie.»

Le libre-échange du fromage a permis d'augmenter la qualité et de se faire une place sur le marché international
Kaspar Engeli cite l'exemple du libre-échange du fromage pour prouver que le libre-échange et l'ouverture du marché sont bénéfiques pour l'économie suisse et également, pour l'agriculture. Le libre-échange du fromage suisse est en vigueur depuis 2006. Depuis, le commerce du fromage est libre, tant en termes de quantité que de variété. Engeli : « C'est une recette du succès qui rapporte de l'argent à la Suisse. L'autre exemple, négatif cette fois, c'est le marché du lait étatique, entièrement régulé. Une mesure source de préoccupation - dont personne ne profite. Et qui ne fait faire fortune à personne. La leçon à tirer est simple : l'ouverture est bénéfique également et même surtout dans le secteur alimentaire. »  

Le secteur du commerce, employant 680 000 collaborateurs, est l'employeur le plus important du secteur privé en Suisse. Commerce Suisse est l’organisation faîtière du commerce, fédérant 33 fédérations de branches regroupant 3 700 entreprises au total. Commerce Suisse défend une politique libérale et s’engage pour une Suisse forte. La branche du commerce forme 1 400 apprentis, ce qui la place au rang des branches de formation les plus importantes et les plus convoitées.

Contact :
Kaspar Engeli, Directeur, tél. 061 228 90 33
Andreas Steffes, secrétaire, tél. 061 228 90 32

Informations​ :
Iris Wirz c&p communications, tél. 043 500 52 88
E-Mail: presse@handel-schweiz.com

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Communiqué de presse