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Commerce 4.0 exige des investissements d’un montant de CHF 4 milliards sur cinq ans

28.10.2015 09:39:26

Commerce suisse flexible – des salaires stables malgré le tourisme de consommation


Le commerce suisse fait preuve de flexibilité: comme l’industrie, il subit les conséquences du 15 janvier 2015. Le tourisme de consommation a entraîné la perte de 20’000 emplois en Suisse en l’espace de deux ans, et le commerce espère que d’autres accords de libre-échange et la numérisation apporteront une croissance de 20 milliards de francs. Commerce Suisse s’attend à des investissements dans la numérisation d’environ CHF 4 milliards pour les cinq années à venir. Afin de pallier la pénurie de main-d’œuvre spécialisée, le commerce procède à un recrutement à l’étranger de collaborateurs disposant d’une haute qualification, moyenne ou moindre. Un sondage effectué auprès d’entreprises commerciales a révélé que 34% d’entre elles engageraient des réfugiés pour effectuer des travaux simples si l’état garantissait les compétences linguistiques des candidats.
 

Le commerce est non seulement l’employeur privé le plus important de Suisse, employant 680’000 personnes et garantissant 14% des emplois suisses. Il subit également la forte influence des modifications politiques internationales. L’Europe est le partenaire commercial le plus important de la Suisse et assure 37% du volume de négoce d’une totalité de 17’900 milliards de dollars. L’Asie/le Pacifique occupent la seconde place avec 30%. Les évolutions actuelles montrent l’importance des accords de libre-échange pour la Suisse qui n’est pas membre de l’UE. Les USA et onze pays riverains de l’océan Pacifique viennent à peine de conclure des négociations sur un traité de libre-échange pacifique (TPP). L’accord concerne 25% du commerce mondial et 40% de l’économie mondiale. Actuellement, les USA et l’UE négocient le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement le plus important au monde (TTIP) – la Suisse n’est pas présente aux négociations, bien qu’elle soit concernée vu que plus d’un tiers des exportations suisses sont dirigées vers cette zone. L’accord sur le commerce des services TISA (Trade in Service Agreement) qui doit régler les transactions électroniques et les prestations sur Internet déclenche de nombreuses discussions. En tant que membre de l’OMC, la Suisse participe aux négociations.
 
Sécurité de l’emploi, salaires stables
Les efforts déployés au niveau international afin de redéfinir les espaces commerciaux se répercutent sur le commerce dans le monde entier. En Suisse, la croissance du commerce est limitée par la décision de la Banque nationale du 15 janvier 2015 ainsi que par l’initiative concernant l’immigration massive. L’enquête de Commerce Suisse sur la conjoncture révèle également une réduction continue des effectifs. Commerce Suisse considère que d’autres accords de libre-échange et les modifications découlant de la numérisation, d’industrie 4.0 et de commerce 4.0 devraient avoir une influence positive à moyen et long terme.
 
La valeur ajoutée nominale de CHF 168’700 par emploi et par an du commerce est située juste au-dessus de la moyenne économique de CHF 158’000 et est nettement supérieure au niveau d’autres secteurs du marché intérieur comme l’agriculture, la restauration et le bâtiment. Ce résultat supérieur à la moyenne est surtout dû au commerce de gros qui, en 2014, a proposé environ 201’000 emplois à temps complet. 7% des salariés suisses sont employés dans le commerce de détail, 5% dans le commerce de gros.
 
Pénurie de main-d’œuvre spécialisée: recrutement à l’étranger
Aujourd’hui déjà, le secteur du commerce souffre d’une pénurie de main-d’œuvre spécialisée. Ainsi, la formation dans les branches MINT n’a pas su s’adapter à la demande croissante en main-d’œuvre spécialisée. De plus, le commerce est en concurrence permanente avec les branches offrant des salaires élevées que ce soit dans l’exportation comme l’industrie pharmaceutique ou sur le marché intérieur comme l’industrie du bâtiment.
 
La solution serait de mettre l’accent sur une main-d’œuvre potentielle dans un sens plus large. Une enquête téléphonique a été réalisée auprès de 50 entreprises commerciales issues de différents secteurs afin de les questionner sur les collaborateurs étrangers employés. 45% des entreprises questionnées emploient des immigrants peu qualifiés. 37% ont engagé des travailleurs qualifiés. 22% des entreprises commerciales emploient des salariés internationaux de haut niveau. 8% des entreprises offrent un apprentissage à des réfugiés. 61% des entreprises questionnées ont expliqué avoir engagé des collaborateurs étrangers car elles n’avaient pu recruter des ouvriers spécialisés suisses pour l’activité en question. 34% des entreprises questionnées se déclarent prêtes à engager des réfugiés dans le cadre de projets d’intégration à durée limitée. Mais, elles exigent que les personnes concernées soient non seulement capables de parler la langue du pays mais aussi de la lire. Elles attendent également des subventions de la part de l’Etat pour la participation à un projet d’intégration et l’assurance de cours linguistiques.
 
Le tourisme commercial est une menace pour les emplois et les salaires
Le commerce n’ayant jamais imité les excès salariaux des autres secteurs, il maintient depuis des décennies de bons résultats en matière d’emplois. Cette affirmation concerne également les années 2015 et 2016, même si l’économie suisse a perdu environ 20’000 emplois en 2014 et 2015 suite au tourisme commercial. Les salaires restent tout de même stables et peuvent même être légèrement augmentés dans certains cas.
Kaspar Engeli, directeur de Commerce Suisse, met tout de même en garde: «Si le tourisme commercial persiste ou voire, se renforce, nous devons nous attendre à de nombreux licenciements et baisses de salaires, ce qui aura des conséquences néfastes sur l’économie entière.»
 
Estomper les limites entre le commerce de gros et la vente au détail
La vague de modifications dans le secteur commercial ne concerne pas seulement la situation globale politique, les accords de libre-échange et les emplois. Elle touche également le type d’entreprise, estompant ainsi de plus en plus les limites entre le commerce de gros et celui de détail. Les grands distributeurs s’engagent dans le domaine des biens de consommation du commerce de gros. Ce dernier assume de plus en plus le rôle de commerce spécialisé en livrant de petites quantités. Il propose des prestations d’informations, de conseils et d’autres services comme les ajustements du produit. Il est responsable du contrôle de la qualité, du marketing, de la maintenance et du financement.
 
Numérisation: Commerce 4.0 – à la recherche de milliards
La numérisation croissante apporte également d’autres modifications. Ainsi, les coûts peuvent être baissés alors que la productivité augmente. Nous sommes au centre d’une nouvelle révolution industrielle. Alors que la notion de production était marquée par la fabrication de masse et le travail à la chaîne, la réalité actuelle est la fabrication en petites séries dans la production industrielle. Aujourd’hui déjà, il existe des prototypes de chaussures de sport équipées de semelles ajustables individuellement. Cette spécialisation confronte la numérisation des processus et la fiabilité des chaînes logistiques à des exigences élevées. Le parachèvement et la préfabrication de composants gagnent en importance. Le commerce et la logistique doivent relever de nouveaux défis. Les grandes entreprises ont automatisé leurs canaux d’approvisionnement jusqu’au négoce. Le commerce par Internet intègre de nouveau le commerce stationnaire et propose ce dernier comme solution en cas d’achat immédiat. S´’il est possible d’établir ces processus, qui caractérisent le commerce 4.0, dans l’intégralité du commerce jusqu’au commerce spécialisé, alors la productivité et la rentabilité seront tellement renforcées en Suisse que le problème des salaires élevés perdra de son intensité. Pour ce faire, il est impératif que la Suisse fasse partie des pionniers dans cette évolution.
 
Or, cette individualisation de la production et du commerce sera onéreuse. Une grande partie des solutions de numérisation ne sont pas encore disponibles dans le commerce et devront être développées pour chaque sous-secteur. Kaspar Engel: «Aujourd’hui, de nombreuses interfaces ne sont pas compatibles pour commerce 4.0, leur mise en place est une œuvre de pionnier. En nous basant sur des coûts moyens pour la numérisation et l’automatisation des processus commerciaux, nous pensons que le commerce suisse devra effectuer des investissements de 4 milliards de francs dans le commerce 4.0 dans les cinq années à venir.» Seuls ceux qui sont en mesure de le faire peuvent s’attendre à obtenir des résultats durables.
 
Une étude prévoit un taux de croissance de 2,7% pour le commerce de gros
Le commerce de gros génère environ deux tiers du chiffre d’affaires total du commerce qui s’élève à 345 milliards de francs (2012). Seul un tiers du chiffre d’affaires provient du commerce de détail alors que ce dernier est beaucoup plus présent dans la perception. L’étude actuelle réalisée par BAK relatives aux chiffres et aux faits dans le commerce révèle que des pointes de croissance sont prévisibles dans la numérisation de la chaîne logistique jusqu’au commerce 4.0 et aux nouveaux modes de distribution numériques. Ceci concerne surtout le commerce de gros pouvant, selon les experts, atteindre un taux de croissance annuel allant jusqu’à 2,7%. Dans ce contexte, il est particulièrement important que les gains de la productivité entraîneront également une croissance à long terme du commerce assurant ainsi les emplois de 680’000 personnes.
 
Entrepôt numérique – Conseil téléphonique
L’un des pionniers suisses en matière de numérisation et d’automatisation dans le commerce de gros est la société Hans Köhler AG de Zurich qui, depuis bientôt 100 ans, commercialise de l’acier inoxydable. Cette entreprise importe, stocke et distribue 22’000 produits en acier inoxydable pour plus de 7’000 clients en Suisse et emploie 155 collaborateurs répartis sur cinq sites différents. Chaque année, l’entreprise traite 124’000 commandes. Les 45 employés responsables des ventes mènent chaque jour avec quelque 1’000 personnes des entretiens de conseil et de vente au téléphone. Ceci ne change pas malgré des investissements considérables dans la numérisation et l’automatisation. Dès 1978, l’entreprise a disposé du premier entrepôt semi-automatisé à rayonnages de grande hauteur pour l’acier inoxydable de Suisse. Aujourd’hui encore, elle dispose de l’entrepôt le plus moderne du pays. Les investissements sont amortis sur une durée de 20 ans. Hans R. Kohler, délégué du conseil d’administration, Hans Kohler AG, Zurich: «Bien que nous ayons peu de collaborateurs dans l’entrepôt, nous sommes très rapides et sûrs lors de livraisons. Ceci nous permet de rendre le produit moins coûteux dans la comptabilité. Nous pouvons accepter une marge moindre. Mais, en raison des coûts élevés liés au personnel, nous sommes obligés d’automatiser.» Ces dernières années, l’entreprise Hans Köhler AG n’a dû licencier qu’une seule personne pour des raisons de capacité. Pour l’avenir du commerce de l’acier, l’entrepreneur souhaite un standard applicable facilement dans la numérisation et pouvant être utilisé par plusieurs partenaires au quotidien. Actuellement, les systèmes ne sont pas compatibles.

Avec 680’000 collaborateurs, le commerce représente l’employeur privé le plus important en Suisse. Commerce Suisse est l’association faîtière du commerce, à laquelle sont affiliées 33 associations de branche avec au total 3’700 entreprises. Commerce Suisse défend une politique libérale et s’engage pour une Suisse forte. La branche des employés de commerce forme 1’400 personnes en formation et constitue ainsi une des branches de formation la plus grande et la plus appréciée. Au total, environ 24’000 apprentis sont employés dans le commerce.

Contact:
Kaspar Engeli, Directeur, tél. 061 228 90 33
Andreas Steffes, Secrétaire, tél. 061 228 90 32

Informations:
Iris Wirz c&p communications, tél. 043 500 52 88
E-mail: presse@handel-schweiz.com

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