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92% des entreprises commerciales luttent contre le gaspillage

04.04.2017 17:05:16

Le commerce peut faire des économies d'un montant d'un demi milliard

Le commerce mise sur l'initiative individuelle pour gérer les déchets, favoriser le recyclage et éviter le gaspillage. Selon un sondage du Commerce Suisse, 92% des entreprises commerciales s'occupent activement de la gestion des déchets et de la réduction du gaspillage. Diminution des coûts, responsabilité et image de l'entreprise en sont les piliers. Seules 19% des personnes interrogées sont favorables à des taxes incitatives. Les plus grands gaspillages dans le commerce concernent l'emballage, l'énergie et le temps. Le potentiel d'économies énergétiques du commerce suisse s'élève à près d'un demi-milliard de francs. Le chanvre, le maïs et le papier recyclé transforment aujourd'hui les emballages intelligents. Avant c'était un rêve: l'emballage créé par l'imprimante 3D.



Les déchets concernent toutes les formes d'utilisation non judicieuses et incorrectes, autrement dit le gaspillage. La gestion des déchets ou les économies de temps, les transports plus courts ou des processus plus intelligents peuvent éviter cela. Dans le présent communiqué de presse, Commerce Suisse a montré comment le commerce aborde de manière productive le thème des déchets. Kaspar Engeli, Directeur, a expliqué: «Pour ce qui est du thème du gaspillage, nous pourrions tous nous accuser mutuellement et rechercher des bouc-émissaires. En effet, les solutions font l'objet d'un travail collectif.» Afin de mettre davantage l'accent sur ce thème, Commerce Suisse a recherché des exemples positifs, a tenu une conférence avec des entreprises commerciales et a réalisé un sondage auprès des 3'800 membres.
 
Sondage: Aucune pression de la part des clients, du public et des politiques
Il résulte du sondage que 92% du commerce en gros en Suisse tout comme du commerce de détail recherchent des possibilités de faire des économies en évitant le gaspillage. Les entreprises sont animées par l'envie de faire des économies financières (89%), de protéger l'environnement (82%), d'agir en toute responsabilité (61%) et de soigner leur image (47%). Seules 11% ressentent la pression de la part des clients, la pression de la part du public est encore plus faible – celle-ci est de 7%. Seules 3,4% perçoivent une pression directe de la part des politiques concernant le thème des déchets. 68% des collaborateurs ont une attitude favorable vis-à-vis du thème de la gestion des déchets. 46% trouvent que la numérisation permet de réduire les déchets et d'éviter le gaspillage. Seules 19% sont favorables à l'application de taxes incitatives.
 
L'emballage intelligent  
Les entreprises commerciales ont mis le thème de l'emballage au premier plan du gaspillage. Plus de deux tiers des personnes interrogées voient ici une nécessité d'action. L'emballage occupe en effet une place prépondérante dans le transport (60%). Il assure la qualité pour 13% des entreprises interrogées et favorise la vente pour 9%. Les entreprises commerciales suisses considèrent le thème de l'emballage différemment de la société internationale d'études de marché Mintel.  Son étude «Global Packaging Trends 2017» nomme ainsi les tendances pour les emballages: transmettre une marque et une sensation, fidéliser les clients – surtout également dans le commerce en ligne – ainsi que la tendance pour l'emballage intelligent. Peter Siegel de Medewo, le spécialiste leader de l'emballage, a partiellement confirmé les dires des analystes et a montré des exemples d'emballages intelligents; ceux-ci sont déjà utilisés dans le commerce. L'emballage intelligent répond à plusieurs objectifs contradictoires. «Dans le commerce en ligne, les marchandises parcourent un chemin toujours plus long. L'emballage doit dès lors protéger la marchandise. En outre, l'emballage prend de plus en plus en charge la communication. C'est ici qu'il existe un potentiel de conflit. Car le consommateur désire le moins d'emballage possible.» Celui-ci devrait être facile à éliminer et dans tous les cas être recyclable. En fait, le marché de l'emballage a du retard. «Emballer intelligemment signifie que l'emballage n'est pas plus grand que le produit lui-même.» L'idéal, c'est un emballage avec une utilité supplémentaire. Pour les matériaux délicats, comme par exemple le verre, un simple carton tout autour ne suffit pas. Il faut également ajouter du polystyrène. Ici, il existe des alternatives biodégradables, par exemple des flocons à base d'amidons de maïs. Les flocons en papier avec une part élevée de papier recyclé et de papier 100% recyclable sont une nouveauté dans ce domaine. Un matelas thermique en chanvre industriel 100% recyclable est utilisé pour les aliments réfrigérés. Des sacs dont le matériau de rembourrage est également en papier et possède le même effet que les coussins d'air, sont utilisés entre autres par le concessionnaire automobile Emil Frey qui envoie chaque jour avec ces sacs plus de 2'000 pièces détachées pour l'automobile. La manière dont on s'en sort pour les palettes avec moins de film de protection est également intéressante. On utilise certes le même matériau – celui-ci est déjà toutefois étiré lors de la fabrication. Le film de protection pour palettes a ainsi une épaisseur trois fois moins élevée que le film plastique normal; mais il possède la même résistance.
 
Les drones ne vont pas chercher le colis chez le fabricant
Peter Siegel voit de nouveaux défis à relever dans le futur pour ce qui est des emballages: «Ainsi par exemple, le drone ne va pas chercher le colis chez le fabricant. Le chemin supplémentaire par les airs signifie des exigences élevées en matière d'emballage, entre autres pour les livraisons par tous les temps ou en raison des plus nombreuses secousses dans les airs.» Les imprimantes 3D ne diminuent pas non plus les envois, ni le besoin d'emballage. Il faut tout d'abord envoyer de nombreuses imprimantes 3D ainsi que le matériau. La poudre utilisée dans le monde entier pour l'impression 3D vient de Suisse. Les destinataires remplissent des cartouches avec cette poudre qui sont ensuite à nouveau envoyées à d'autres entreprises et clients finaux. Peter Siegel rêve d'un emballage qui s'adapte pour ainsi dire au produit lui-même – peut-être qu'il viendra bientôt de l'imprimante 3D?
 
Les téléviseurs plus légers demandent moins d'énergie
Le thème de l'énergie arrive en seconde position chez les entreprises de commerce en gros et de détail interrogées. 58% constatent un gaspillage énergétique. Le thème de l'énergie est au premier plan des mesures. 63% des entreprises commerciales diminuent activement le gaspillage énergétique. Kaspar Engeli, Directeur du Commerce Suisse:«C'est très réjouissant. Car les différents experts qui s'occupent du thème des économies d'énergie estiment le potentiel d'économie de 15 à 30 % dans ce secteur pour les entreprises. Que cela signifie-t-il en chiffres? Le commerce dépense moins de 1% de son chiffre d'affaires pour l'énergie. Calculé sur le chiffre d'affaires global du commerce suisse qui est de CHF 345 milliards, ces coûts énergétiques représentent environ CHF 3,4 milliards. Si le commerce économisait 15% des coûts énergétiques, il économiserait environ un demi-milliard de francs suisses. Cela est calculé de manière prudente. Si, comme le pensent certains experts, on atteignait 30% d'économies, on ferait près d'un milliard de francs suisses d'économie.» 
 
Jean-Marc Hensch de l'association Swico, a présenté le modèle à succès du recyclage électronique. En Suisse, le recyclage des vieux appareils est une histoire à succès. La Suisse était en 1998 le premier pays dans lequel on a créé un système national sur la base d'une contribution anticipée de recyclage de la part du consommateur. La taxe de recyclage anticipée comprise dans le prix finance la collecte, le transport ainsi que le démontage spécialisé des appareils et l'élimination des matières toxiques. Swico exploite le système national de reprise des appareils électriques et électroniques en fin de vie des secteurs suivants: informatique, électronique grand public, bureautique, communication, industrie graphique et technique de mesure et médicale. Ceci concerne par exemple les téléphones mobiles, les portables, les téléviseurs, les photocopieurs et les gros ordinateurs. Le système a été mis en place par les fabricants resp. les importateurs de manière volontaire. C'est ensuite seulement que le législateur a suivi le mouvement avec l'ordonnance sur la restitution, la reprise et l'élimination d'appareils électriques et électroniques (OREA). Les bases juridiques actuelles sont très minces et simples ce qui engendre une grande flexibilité. En raison d'effets de synergie importants, le système est très rentable. Ces dernières années, Swico a pu procéder à des accroissements d'efficacité et réduire ainsi les contributions de recyclage anticipées. En Suisse, la population a donné en 2015 près de 134‘000 tonnes de vieux appareils électriques et électroniques afin qu'ils soient correctement éliminés. Le poids total a légèrement baissé comparativement à l'année précédente (136‘000 tonnes) – contrairement au nombre de pièces qui indique comme auparavant une tendance à la hausse. Le recul du poids provient essentiellement des modifications apportées aux écrans cathodiques et plats.
 
Industrie: Seulement 30 à 50% de temps productif
Selon le sondage du Commerce Suisse, le thème du gaspillage du temps arrive en troisième position pour les entreprises commerciales. 50% des entreprises commerciales interrogées entreprennent des actions pour conjurer cet état de fait. Dans l'industrie, les experts gaspillent de 50 à 70% leur temps. C'est du temps qui ne peut pas être vendu au client sous forme de produits. On peut ainsi songer aux réclamations, aux erreurs, aux accords incorrects, aux longs circuits et bien plus. Par des analyses et la modification des processus, il est possible d'augmenter la productivité de 10 à 20% - cela correspondrait à 40 - 60% de productivité effective dans l'industrie dont le commerce est partenaire. Il existe ici un fort potentiel d'amélioration. Un constat sur la perte de temps et la numérisation est important: si les étapes ne sont pas analysées avec soin et corrigées avant la numérisation, il en résulte des étapes de processus non correctement numérisées – la numérisation ne signifie donc pas forcément aller plus vite.
 
Campagne publicitaire en Angleterre: 15% de moins en gaspillage alimentaire
6% des entreprises interrogées font partie du secteur agroalimentaire. Selon une étude, qui a été menée conjointement avec l'institut de recherche sur l'agriculture biologique de Suisse, l'Organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture et des chercheurs de la London School of Economics, les coûts économiques globaux des déchets alimentaires constituent 4% du produit national brut global. Un tiers des aliments produits pour la consommation en Suisse sont perdus tout au long de la chaîne alimentaire. Cela correspond à une quantité d'env. 2,3 millions de tonnes d'aliments intacts qui sont jetés chaque année. Les leaders, ce sont les ménages qui engendrent 61% de toutes les pertes. La majeure partie des pertes de l'industrie de transformation (22%) vient essentiellement du triage des marchandises de moindre qualité. Pour la gastronomie, les pertes sont de 13%. Le commerce en gros et de détail n'est responsable qu'à hauteur de 4% des pertes. Selon une étude de foodwaste.ch, ce gaspillage équivaut à près de 140'000 camions pleins – ce serait une colonne de camions allant de Madrid à Zurich. Chaque année, un ménage jette en moyenne pour une valeur de 1'500 à 2'500 francs. Les astuces pour réduire cela dans les ménages sont simples et faisables. Par exemple: Regardez dans votre réfrigérateur avant de faire vos courses. Si celui-ci est plein, vous n'avez besoin de rien ou d'un ou de deux ingrédients pour réaliser votre recette. Faites une liste de course. Créez moins et utilisez les restes de manière créative, ainsi vous profiterez de nouveaux plaisirs. Cela peut paraître simple, mais c'est très efficace. Une étude anglaise a démontré qu'avec une campagne publicitaire de grande envergure montrant sans relâche ces petites astuces banales, on pouvait réduire les déchets alimentaires de 15%!
 
Créer des motivations plutôt que des lois
Alex Stähli, Directeur de Table couvre-toi a montré comment le commerce distribuait déjà aujourd'hui en collaboration avec 120 centres de distribution de Table couvre-toi,  3'753 tonnes de nourriture de manière judicieuse à des personnes souffrant de pauvreté. Table couvre-toi est née en 1999 de l'industrie agroalimentaire – créée par l'ancien groupe Bon Appétit, initiée par Anja H├╝bner, la femme de l'ancien directeur des sociétés CC Prodega et Howeg AG. A l'origine, l'idée de Table couvre-toi était de sauver des denrées alimentaires de la destruction et de les distribuer de manière contrôlée à des personnes souffrant de pauvreté. «Grâce à Beat Curti, le propriétaire du Groupe Bon Appétit, Table couvre-toi a conçu très tôt un concept de solution bien réfléchi et s'est toujours orienté vers les besoins qualitatifs de l'industrie agroalimentaire», a expliqué Alex Stähli. «Le facteur de réussite le plus important est que nous fonctionnons de la même manière que l'industrie agroalimentaire en amont. Nous sommes certifiés ISO 9001, avons précisément les mêmes mécanismes de contrôle, la même législation que l'industrie agroalimentaire. Nous possédons six plateformes logistiques en propre, respectons la chaîne du froid et livrons la marchandise avec nos propres camions réfrigérés aux centres de distribution. Nous sommes ainsi logisticiens et commerçants de détail.» Table couvre-toi a sauvé et a redistribué en 2016 16 millions d'assiettes de nourriture. Mais comparé au grand nombre de déchets alimentaires, ceci n'est qu'une goutte d'eau, un peu plus de 1%.
 
Dialogue avec les consommateurs  
Stähli a plaidé pour voir l'analyse des déchets alimentaires dans le contexte sociétal. «En tant que consommateurs, nous y participons – une modification de la perception et du comportement sont indispensables.» Il existe différentes initiatives contre les déchets alimentaires. Dans l'UE, la branche agroalimentaire est tenue par la loi de faire don de ses produits. En Suisse, une motion fait l'objet d'un débat, celle-ci doit interdire l'incinération des aliments. Alex Stähli recommande de créer des motivations plutôt que des lois. Le Directeur de Table couvre-toi: «Le consommateur est intéressé par le fait de contribuer à réduire les déchets alimentaires. Lorsqu'il fait ses courses, s'il ne reçoit pas le produit souhaité, celui-ci est déçu et fera à l'avenir ses courses ailleurs. Si un magasin réduit sa gamme de produits alimentaires, il est dès lors important d'expliquer au consommateur les motifs et l'utilité d'une telle démarche. Une boulangerie, par exemple, ne veut plus proposer le soir toute sa gamme de produits, mais seulement trois sortes de pain de longue conservation. Si l'on intègre le client à ce type de décision, cela peut entrainer des discussions intéressantes. Par exemple, si le client remarque que lui-même jette souvent du pain parce que celui-ci sèche rapidement.»

Contact
Kaspar Engeli, Directeur, Tél. 061 228 90 33
Andreas Steffes, Secrétaire, Tél. 061 228 90 32
 

Commerce Suisse est l'organisation faîtière du commerce qui compte 33 associations membres qui représentent 3'700 entreprises. Commerce Suisse défend une politique libérale et s'engage pour une Suisse forte. Avec 680'000 employés, le commerce est le plus grand employeur privé de Suisse. Plus de 38'000 places d'apprentissage sont offertes dans le commerce, plus qu'aucune autre branche.

Télécharger: Communiqué de presse